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BoviDays : gérer les coûts de l'alimentation et assurer la santé du troupeau grâce à une ration équilibrée

Témoignage "Des carences alimentaires à l'origine de nombreuses pathologies"

"Je me suis installé en 1986 dans les Pyrénées Orientales avec un troupeau d’Aubrac, en système transhumant et plein air intégral. Pour concrétiser le projet d’association avec mon épouse, Stéphanie, nous avons acheté l’exploitation sur Nalzen en 2012 avec 300 ha de surface agricole totale et repris le cheptel de Gasconnes et Limousines existant.

Nous sommes arrivés en hiver, les vaches étaient dedans et les difficultés liées au troupeau sont vite arrivées : grippes, diahrées, retournements de matrice, mauvaise croissance des veaux… Les conséquences ont été lourdes : 20 veaux de morts, soit un taux de mortalité de 20 % et des prix de vente des broutards très bas à cause d’un mauvais développement des jeunes.
Face à ces difficultés, un accompagnement extérieur a été nécessaire. Le vétérinaire a réalisé des prises de sang pour connaître les profils métaboliques des animaux. Ces analyses ont révélé une carence importante en minéraux et vitamines : vitamine A, Sélénium, Manganèse…

Dans un premier temps, une complémentation spécifique a été administrée aux animaux. Nous avons ensuite travaillé sur la qualité des pâtures et des stocks. Notre exploitation étant basée uniquement sur un système herbager, nous avons travaillé à nourrir le sol : épandage des fumiers à l’automne, engrais à base d’algues et de coquillages… La fauche des prairies est à présent réalisée très tôt pour privilégier la qualité et valoriser au mieux cette première coupe.

Les résultats se sont progressivement améliorés mais il a fallu trois ans pour obtenir des indicateurs satisfaisants. Aujourd’hui, nous sommes à 1,4 % de taux de mortalité. Le poids des veaux a augmenté de 100 kg à la vente. L’alimentation des animaux a été le paramètre principal en cause sur notre exploitation. Des carences qui ont eu un impact direct sur les mères mais aussi sur la santé des jeunes. Des pertes sèches pour nous éleveurs mais aussi une augmentation des charges liées aux frais vétérinaire et aux surcoûts de la complémentation sur mesure. Sans parler du stress bien difficile à gérer pendant cette période. Aujourd’hui, le volet alimentation est maîtrisé grâce à un équilibre des rations, assurant aussi des réductions de charges sur ce poste.


Frédéric Argelès, Eleveur à Nalzen

Déterminer la conduite de l'alimentation en fonction des stades physiologiques

"La note d’état corporel est le paramètre à surveiller. Celui-ci doit être en adéquation avec le stade physiologique de l’animal. En fin de gestation, cette note doit se situer autour de 3. Après le vêlage, c’est normal que la femelle maigrisse. On peut accepter une baisse d’1 point voire d’1,5 point, notamment quand les animaux sont dedans. Si la vache est en état avant le vêlage, elle pourra tirer sur ses réserves à la condition de les restituer par la suite. Lorsque les animaux seront à l’herbe, il y aura une reprise de l’état corporel pour remonter progressivement à 3.

Avec un système classique, vêlages en fin d’hiver et mise à l’herbe au printemps, cela ne pose pas de problème. Pour les vêlages d’automne où la reproduction va se jouer en hiver, on ne peut pas se permettre de descendre aussi bas. On pourra moins jouer sur l’effet accordéon des animaux. En effet, le stade physiologique le plus délicat est la reproduction. En cas de carence à ce stade, cette fonction ne sera pas assurée. Une complémentation en vue d’équilibrer la ration est alors nécessaire."

Jean-Marc Paillas, conseiller Elevage

3 questions à Jean-Marc Paillas, conseiller bovins à la Chambre d'agriculture de l'Ariège

L’alimentation peut-elle être en cause dans la non délivrance du placenta ?

Une ration trop riche ou excessive en matière azotée peut entraîner des irritations de la matrice avec des muscles moins toniques. Une vache carencée peut également avoir des problèmes de délivrance. Ce même symptôme peut être multifactoriel. Le calcul de ration reste le seul outil fiable pour prévenir ce type de pathologie.

Est-il nécessaire de faire des cures de vitamines, de minéraux ?

Les vitamines A, D3 et E sont liposolubles et sont stockées dans les graisses. La fonction de reproduction est la dernière fonction satisfaite. Si l’on est a 90 % des apports en vitamines et minéraux, la vache ne rentrera pas dans un nouveau cycle. Un complément minéral vitaminé peut alors être conseillé en période hivernale. Concernant l'apport de sel, c'est 365 jours par an et à volonté.

Existe-il des formes d’administration à privilégier ?

L’apport par drogage est le plus précis mais reste compliqué dans son administration pour les exploitations en allaitant.

Vous pouvez également réaliser votre propre bloc à lécher de façon économique avec 1  litre d’eau, 6 kg de minéral et 3 kg de sel. Il faut alors déposer en couches successives ces trois ingrédients. L’eau va cristalliser le sel. Votre complément minéral va se prendre en masse. Il sera alors prêt à être administré aux animaux.

Pour aller plus loin, nous vous proposons des formations techniques sur l'alimentation des bovins : inscrivez-vous !

Réfléchir l’alimentation de son élevage bovin viande

Contenu
. Les bases de l’alimentation des bovins
. Lecture d’analyse de fourrages de l’exploitation
. Mise en pratique du calcul de ration et analyse
. Analyse des conséquences sur le bilan fourrager de la saison d’hiver
. Présentation de la méthode pour réaliser son bilan fourrager
Formateur : conseillers Chambre d’agriculture spécialistes des bovins viande et de l’alimentation des troupeaux

Améliorer ses pratiques d’alimentation avec les méthodes d’observation

Contenu
. Présentation de la méthode OBSALIM (OBServation des symptômes ALIMentaires) ou AGDAR (Approche globale et dynamique)
- Comment observer un troupeau? Les signes physiologiques des déficits alimentaires
. Les principes de la digestion des ruminants et l’adaptation du rationnement
. Illustration de grands symptômes : excès ou insuffisance d’énergie ou d’azote, les fibres, l’instabilité ruminale
. Les correctifs pour compenser les déficits observés

Formateur : formateur OBSALIM ou Vétérinaire GIE Zone verte

Optimiser la conduite de ses prairies pour aller vers l’autonomie fourragère

Contenu
. Optimiser la conduite du pâturage – le pâturage tournant et les outils de gestion du pâturage
. Améliorer la production de fourrages secs et la qualité des fourrages
. Les rations à base d’herbe et de foin, les compléments
. Bilan fourrager et calcul de ration
. Les prairies à flore variée, les méteils, leur intérêt pour gagner en autonomie fourragère

Formateur : conseillers fourrages, conseillers élevage de la Chambre d’agriculture

Conditions et tarifs sur demande. Inscription préalable obligatoire. Formations réalisées avec le concours financier de VIVEA.

BoviDays  : vos prochains rendez-vous !

✓ Jeudi 23 novembre de 14h à 16h
Obtenir une ambiance de qualité : un facteur de santé des animaux !
Sur l'exploitation du GAEC de Fites à La Bastide-de-Sérou
Contact : Martine Roy

✓ Mardi 19 décembre de 14h à 16h
Soigner ses génisses, c’est garantir l’avenir de son troupeau : tout l’art d’élever ses génisses !
Sur l'exploitation de Yves Eychenne à Loubens
Contact : Martine Roy

Échangez sur des problématiques du quotidien et repartez avec des solutions transposables.

 

Programme réalisé avec le concours financier du CasDAR