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BoviDays : réussir l'élevage des génisses pour garantir l'avenir du troupeau

Une vingtaine d'éleveurs était présent pour la clôture de la saison I des BoviDays chez Yves Eychenne.

Longtemps considéré comme « le parent pauvre » l’élevage de génisse reste bien souvent axé sur une vision strictement économique pendant la période d’élevage jusqu’au trois ans de la femelle. Les conditions d’élevage ont un impact non négligeable sur les résultats technico-économiques de l’animal et la durée de sa carrière.

Pour mettre en exergue cette thématique, la quatrième journée des BoviDays était organisée sur l’exploitation d’Yves Eychenne, agriculteur sur la commune de Loubens. Les éleveurs ariégeois sont venus nombreux, le 19 décembre dernier, échanger sur leurs pratiques, sur leurs difficultés rencontrées et sur leurs résultats techniques.

L’élevage des génisses, c’est préparer les futures mères

Entretien avec jean-marc paillas, conseiller élevage à la chambre d’agriculture de l’Ariège

L’impact des pratiques d’élevage pendant la croissance a largement été étudié notamment au travers d’études portées sur la production laitière. Jean-Marc Paillas, conseiller en élevage en bovins lait et bovins viande à la Chambre d’agriculture de l’Ariège nous apporte son regard technique sur cette thématique.

Il y a des étapes techniques et physiologiques à respecter. Quels sont les critères sur lesquels doivent s’appuyer les éleveurs ?

L’élevage des génisses commence pendant la période de gestation et continue après le premier vêlage. En fin de gestation, le poids du fœtus est multiplié par 4 et c’est aussi pendant cette période que se prépare le colostrum. Il faut donc veiller à apporter une ration équilibrée à la mère.

A 6 mois, l’animal doit avoir atteint 40 % du poids adulte soit un GMQ de 900 à 1000 g par jour (260/270 kg). On peut rattraper du poids mais pas du développement. Au premier hiver, la femelle doit poursuivre une croissance soutenue avec un GMQ de 500 à 600 g par jour pour atteindre 55/60 % de son poids adulte pendant la puberté. Il est alors nécessaire d’alimenter avec du foin de qualité pour limiter l’apport de concentré. La 2ème saison de pâturage correspond à la mise à la reproduction. L’animal doit alors avoir atteint 75 % de son poids adulte.

Une primipare est moins grande qu’une vache adulte, elle n’a pas tout à fait fini sa croissance et a une capacité d’ingestion qui est moindre. Il ne faut donc pas oublier de la supplémenter un peu plus fort que le reste du troupeau pendant la période hivernale.

Concrètement quels sont les risques ?

Chacun de ces objectifs de poids est déterminant. Si ces paliers ne sont pas atteints, l’animal ne rattrapera pas son développement. Les femelles seront moins grandes avec moins de développement, donc moins de facilité de vêlage, de plus faible capacité laitière…  Il ne faut pas oublier que le 1er aliment du veau est le lait maternel. Un déficit de 2 litres de lait pas jour devra être compensé par un apport d’un kg de concentré pour un développement optimal du veau. Ca peut donc se faire mais ça va coûter plus cher.

Quand on parle de GMQ, on ne parle pas d’engraissement. La frontière peut être fragile entre le trop et le trop peu, là c’est l’œil de l’éleveur qui fait la différence. Quand on sèvre les veaux, il faut veiller à séparer les mâles des femelles car on n’a pas les mêmes objectifs de croissance. La période de la puberté est particulièrement importante sur cet aspect. Une femelle trop grasse à ce stade déposera du tissu adipeux sur la mamelle et produira donc moins de lait.

Témoignage - Yves Eychenne, éleveur gascon à Loubens

❚ 220 ha de SAT
❚ 80 mères
❚ 15/20 génisses conservées chaque année pour le renouvellement
❚ Vêlage de décembre à février
❚ Age au 1er vélâge : 35 mois et 28 jours
❚ Index au sevrage des veaux : 104.1

"Quand je rentre les génisses en bâtiment après le sevrage, je les enferme pendant un mois au minimum, déjà pour qu’elles s’habituent à nous, qu’elles oublient les mères et pour les acclimater à une autre alimentation qu’elles ne connaissaient pas puisqu’elles étaient au pâturage sans complémentation. La suppression du lait maternel est une étape cruciale. Il faut qu’elles aient une alimentation suffisamment riche les premières semaines. Je suis donc très attentif à l’équilibre des rations. 

Le caractère pour la conduite des bêtes, c’est primordial. On est de moins en moins nombreux à manipuler les bêtes, il faut donc que les animaux viennent à vous. Une bête qui devient sauvage au sevrage à toutes les chances de le garder toute sa carrière. C’est important d’avoir des bêtes dociles dès la première année et c’est au sevrage qu’elles s’habituent à l’homme ».

Programme réalisé avec le concours financier du CasDAR.